L'Enfant Jésus de Prague


Vierge
L'Enfant Jésus de Prague est une statuette représentant, comme son nom l'indique, Jésus encore enfant. Travail d’un artiste inconnu, elle proviendrait d’un couvent entre Cordoba et Séville et serait une copie d’une statue plus ancienne en bois, qui selon la légende aurait été exécutée par un moine sur l’ordre de Jésus.
La Statue se trouve dans l’église Notre-Dame-de-la-Victoire, située (auparavant église de la Sainte Trinité) dans le quartier Malá Strana.
Elle mesure 47 cm de hauteur et est faite probablement d’un noyau en bois recouvert de toile tendue puis de cire. Les cheveux, bruns au départ, ont été teints en blond. L'Enfant fait un signe de croix de la main droite, tient dans la gauche un globe doré surmonté d'une croix et porte une croix sur la poitrine.
L'Enfant a trois couronnes, La première couronne date de 1767, la deuxième de 1810-20, la troisième a été offerte par le pape Benoît XVI.
Il a toujours été habillé tel qu’Anne Loragh et Mary Sibylla Schayemaier, deux dames anglaises, l’ont transmis en 1747. L'enfant Jésus porte une chemise blanche sous un surplis blanc puis un dessus plissé en soie autour du cou et des mains, enfin deux robes ressemblant à une chape de prêtre. Les robes sont changées 10 fois par an, et varient selon les périodes.
Il est par exemple habillé en blanc à Pâques, en rouge lors du Dimanche blanc, en violet pour l'avent, etc. Il y a eu plus de 70 robes données. Les plus anciennes encore en bon état datent de 1700. La plus belle tenue est ornée de perles, d’or et de diamants. Une d’entre elles a été cousue par l'impératrice Marie Thérèse elle-même. Il a même reçu une robe en tissu avec du silon. Les robes viennent en cadeau des quatre coins du monde ‘Chine, Vietnam, etc.). Un petit musée a été créé pour exposer les vêtements et divers objets de culte.
Dévotion

L’enfance de Jésus joue un rôle très important dans l’Eglise catholique depuis presque un millier d’années. Les chrétiens ont de tout temps désiré montrer leur profond respect à Dieu incarné en Jésus-Christ.
Cette vénération serait aussi issue des écrits apocryphes de la protévangile (l'évangile d'avant les autres) de Jacques, frère ou demi-frère de Jésus, et de Thomas (Judas Thomas, autre frère de Jésus).
Jésus enfant était adoré par les Pères de l’Eglise comme St. Athanase ou St. Jérôme, puis plus tard par St. Bernard de Clairvaux, St. François d’Assise et St. Antoine de Padoue entre autres. Durant la période baroque (milieu XVIe – milieu XVIIIe), la plus connue fut St. Thérèse d’Avila (1515-1582 ; en religion : Teresa de Jesús), qui voyageait toujours avec sa statue lors de la création de nouveaux couvents.
Les représentations de Jésus enfant commencent au 14e siècle. La plus ancienne statue a été découverte en Allemagne dans un couvent de religieuses. Jésus enfant est représenté habituellement tenant différents objets dans ses mains. Le plus souvent il bénit avec la main droite, et il tient dans la main gauche un oiseau, une pomme, un livre, une crosse ou une grappe de raisins en référence avec l’Evangile (J. 15,1-8). Au moyen âge, les statues étaient faites en bois, tandis qu’à la période baroque elles sont produites en cire, ivoire, bronze, etc. Cela devient aussi une habitude de les habiller.
Histoire

L’histoire de l'Enfant Jésus de Prague commence en Espagne durant la période baroque. Dona Isabela Manrique de Lara y Mendoza l’acquiert et la donne en cadeau de mariage à sa fille qui l’emmène à Prague lorsqu’elle épouse un important noble tchèque. Cette dernière la donne à son tour en cadeau à sa fille Polyxene lors de son premier mariage, qui l’amène avec elle lors de son second mariage avec Zdenëk Vojtëch de Lobkowicz, généralissime des armées impériales dont elle eut seulement un fils. Comme la tradition voulait que la statuette revienne à une de ses filles, à la mort de ce dernier en 1628 elle fait don de la statue au couvent des carmélites de Teresian près de l’église Sainte Marie de la Victoire à Prague et précisément dédiée à cette victoire des armées catholiques et impériales sur les troupes défendant la Réforme protestante en Bohême.
En 1631, les Saxons envahissent et pillent Prague sans épargner le monastère. La statue est jetée avec les ordures derrière le Maître Autel. A son retour de Munich en 1638, le Père Cyril a Matre Dei la retrouve endommagée, et après plusieurs tentatives, réussit à obtenir de l’argent d’un citoyen de Prague pour la restaurer.
La Contre-Réforme bat alors son plein et l'enfant Jésus de Prague acquiert vite une réputation de statue miraculeuse.L'empereur Ferdinand II, en signe de dévotion, accorde une rente au couvent qui héberge la sainte statue. L’Enfant Jésus redevient un objet de culte, et plusieurs miracles lui sont attribués dont la protection de Prague contre les Suédois.
Au 19e siècle, la renommée de l'Enfant Jésus miraculeux s'étend aux pays de langue espagnole de l'Amérique du Sud et en Italie. Et pas seulement là-bas ! Dans certains monastères il existe une prière liturgique particulière à l'Enfant Jésus de Prague. Beaucoup de pays asiatiques vénèrent l'Enfant-Jésus pour ses miracles, comme les Philippines, la Chine ou le Vietnam.
Légendes

Il y a aussi plusieurs histoires à propos de l'Enfant Jésus de Prague. Pouvons-nous douter de leur véracité ? en tout cas elles expriment ce que les gens ont rapporté, vécu et ressenti sur l'Enfant-Jésus ?

L'une d’elle porte sur l'origine de l'Enfant. A la période des guerres entre les Maures et les Chrétiens pour occuper la Péninsule ibérique, il y avait probablement dans le sud de l'Espagne un monastère de Carmélite. L’un des quatre moines qui survécut à l’envahissement du monastère avait une dévotion particulière pour l'Enfant-Jésus. Alors qu'il travaillait dans la cour, tout à coup un petit enfant lui est apparu et lui a demandé de prier avec lui. Alors que le frère récitait un "AVE", aux mots "et Jésus le fruit de vos entrailles est béni" l'enfant dit "qui est moi". Puis, l'enfant disparut, mais son visage resta gravé dans la mémoire du moine Joseph. Le frère ne pensa plus qu’à revoir l'enfant, même pour un instant. Il décida alors de reproduire une ressemblance de l'Enfant Jésus, mais ses efforts furent sans succès. Pendant de nombreuses années il s’entêta, mais ne réussit pas faire un portrait, jusqu'au jour où l'enfant apparut à nouveau. A cette époque, il était déjà très vieux. "Je suis revenu afin que vous puissiez terminer la sculpture à mon image", dit l'enfant. Immédiatement, il commença à travailler et réussit le visage comme dans un rêve. Quand il eut fini le travail, l'enfant disparut. Le frère était très fatigué. Il s'endormit et ne se réveilla jamais. Un ami ramena la statue chez lui.

Trois récits légendaires pris dans trois tableaux de l'Enfant Miséricordieux, ont pris naissance dans la première moitié du 18e siècle. Ils parlent de l'époque où la sculpture fut trouvée avec des bras cassés parmi les déchets dans l'église derrière le maître-autel.
En 1631, les Saxons envahissent et pillent Prague sans épargner le couvent des carmélites de Teresian où se trouve la statue qui est jetée avec les ordures derrière le Maître Autel. En 1638 Le Père Cyril retrouve la statue et recherche vainement de l'argent pour la réparer. Arriva alors à Prague un homme riche M. Benoît Manskonig de Usti, sur l'Elbe. Il tomba très gravement malade et reçut les derniers sacrements du Père Cyrille, qui lui parla de la puissance de l'Enfant Jésus. M. Benedict lui donna 100 pièces d'or pour gagner la faveur de l'enfant Miséricordieux, et il fut guéri.
Un autre conte décrit comment le père de Cyril pria pour obtenir de l'argent pour de nouveaux bras pour la sculpture de l'Enfant Jésus, quand une dame riche vint lui rendre visite, et lui fit don d'une grosse somme d'argent.
Une autre histoire raconte comment l’Enfant Miséricordieux aida la riche famille de Henry Kolovrat de Libstejn. Sa femme avait perdu l’audition et la vue. Quand elle toucha l'Enfant Jésus, elle retrouva immédiatement l’audition et la vue. La dame rapporta alors la sculpture miraculeuse dans son palais pour s’assurer sa protection. Mais plus tard quand elle voulut quitter son palais, les chevaux ne voulurent pas bouger. La dame réalisa alors qu'elle devait ramener l'Enfant Jésus à l'endroit où elle l’avait prise. Elle pût ensuite facilement quitter son palais.
Le miraculeux Enfant Jésus a été très vénéré par les puissants, les gens simples et les pauvres. Il est également dit que les premières imitations de l'Enfant Jésus de Prague furent créées par le sculpteur Jan Schlansovsky au 18ème siècle. Il aurait aussi sculpté un moule avec lequel des centaines de copies furent réalisées et envoyés dans le monde entier.
Miracles

Les phénomènes miraculeux se produisent encore aujourd'hui.
Un des événements concerne Tamara, une enfant brésilienne de deux ans. Dès la naissance, elle était paralysée des hanches et ne pouvait marcher qu'avec grande difficulté à l'aide d'un équipement spécial. Les parents décidèrent de faire une neuvaine à l'Enfant Jésus de Prague et le 6e jour la petite fille put commencer à marcher sans son équipement. Toute la famille vint en 1995 remercier l’Enfant Jésus de Prague.
Un autre cas est la guérison d'une femme indienne, paralysée à la suite d’un accident dans sa jeunesse. Elle devait rester au lit sans bouger. Une fois dans un rêve, elle vit l'Enfant Jésus et comprit qu'elle pouvait être guérie. Elle décida alors de faire une neuvaine à l'Enfant Jésus. Au fur et à mesure qu’elle priait elle commença à observer que, progressivement, elle retrouvait l’usage de ses pieds puis de tout son corps. Après quelques semaines, elle était guérie. En 1994 âgée de 70 ans, après avoir économisé l'argent nécessaire à ce voyage, elle vint des Etats-Unis avec son mari et ses petits-enfants pour rendre grâce à l'Enfant Jésus miraculeux de Prague.