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Le Domaine de Bonrepos-Riquet est aujourd’hui composé d’un patrimoine bâti riche de grands ensembles - le château, l’orangerie, les communs - et de monuments de jardins, que sont la grotte de rocaille et la glacière. Autour du château, se déployent cours, terrasses et allées qui rappellent avec nostalgie ce que furent les jardins historiques créés avec goût et soin par la famille des Riquet pour l’embelissement du site.
Fait remarquable, le Domaine abrite dans son parc de 29 hectares un témoignage unique et exceptionnel de la période peu documentée de la génèse du Canal du Midi, les bassins d’essai de Riquet.

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Le vallon de la Garenne : les bassins d’essai de Pierre-Paul Riquet et la glacière

 
bassinEn fond de talweg de la Garenne, se développent sur près de deux hectares trois bassins étagés (bassin de décharge, bassin réservoir, bassin canal), édifiés de terre et de maçonneries de brique qui fonctionnent comme des vases communicants. Alimenté par deux rigoles et des eaux saisonnières, l’ouvrage hydraulique de dimension exceptionnelle pour l’époque fut propice à Pierre-Paul Riquet pour la conceptualisation de son projet de canal du Midi.

digueLe coteau nord du vallon de la Garenne était planté d’arbres fruitiers et de vignes à l’époque de Pierre-Paul Riquet. Dépositaires du privilège royal de commercer la glace sur leur canal, les Riquet entreprirent le creusement d’une glacière aux abords de l’allée cavalière acheminant depuis le chateau vers les bassins d’essai ; cette architecture semi-enterrée rappelait ainsi à tous les importantes prérogatives qu’ils détenaient de leur titre de co-Seigneur du Canal Royal du Languedoc et donne à voir ce que pouvait être l’art de la table aux 17e et 18e siècles.


 

Le château

 
faceouestAprès l’acquisition de la seigneurie vers 1651, Pierre-Paul Riquet ordonne la construction de son nouveau château sur les vestiges arasés de l’ancienne place-forte. Il confit la tâche à Isaac Roux, maçon originaire de Revel, à partir de 1656. Précédé d’une cour d’honneur close par des fossés et cloturée par ses communs (aujourd’hui disparus), le corps de logis quadrilatère est fortifié à l’Ouest par deux imposantes tours carrées et il est flanqué, coté Est, de deux tourelles rondes en poivrière. Les façades classiques et austères du château, initialement composées de « croisières » rectangulaires et scandées de bandeaux, furent remaniées au 18e siècle. On modifia alors les percements des fenêtres (anse de panier) et des portes, conformément au goût de cette époque.

parc
 

L'orangerie

 
orangerieUne vaste et luxueuse orangerie fut aussi construite au 18e siècle pour accueillir en période hivernale des plantes en pot qui, au moment des beaux jours, agrémentaient l’ensemble du parc. La façade nord de l’édifice est scandée de belles arcatures aveugles. Au sud, de grandes baies laissent pénétrer chaleur et lumière. Les sept murs diaphragmes percés qui en composent l’ossature, et qui supportent la charpente du toit, donnent une certaine monumentalité à l’ensemble et le sentiment à l’observateur qui s’y trouve d’être dans une vaste “nef d’église”.

orangerie
 

Les jardins et la grotte de fraicheur

 
jardinL’embellissement du domaine fut d’abord l’œuvre de Pierre-Paul Riquet puis de ses descendants, en particulier de son fils Jean-Mathias et de son petit-fils Jean-Gabriel Amable. Ils déployèrent depuis la cour est du château la composition paysagère des jardins, comme préconisée par le Jardinier du roi Le Nôtre. La chapelle primitive du château, obstruant la perspective fut alors démantelée au bénéfice d’une allée de front perçant les bois environnants, et achevée aujourd’hui d’un colossal vase Médicis. Bordant l’allée, un bosquet à plan rayonnant se développait sur près d’un hectare. Le coteau sud fut durablement transformé à cette époque par la création d’une série de terrasses ornées de bassins miroirs et d’une grotte rocaille : cette dernière, survivance des jardins des temps de Pierre-Paul Riquet, est un spécimen remarquable des « monuments de jardins » à la mode aux 16 et 17e siècles. Un monumental mur de soutènement fut élevé à cette occasion. L’avant-cour occidentale ne fut clôturée qu’au 19e siècle. Au-delà du portail d’entrée, subsista une grande bâtisse, les Communs. Ils faisaient office d’écuries, de chais, de greniers et de granges.

Grotte